Interview de M. Kialuta : un beau projet…
Le vendredi 17 octobre, le CollĂšge organisait une marche parrainĂ©e dont les bĂ©nĂ©fices seront versĂ©s au projet dâune Ă©cole en construction Ă Kinshasa. Deux Ă©lĂšves journalistes pour eXXpressIIIons, Amal et Mariana de 3T7, sont allĂ©es Ă la rencontre M. Kialuta pour en savoir plus sur ce projet !
Amal : Est-ce que vous pouvez vous vous présenter et expliquer votre rÎle dans ce projet ?
M. Kialuta : Je suis Monsieur Kialuta et, ici Ă l’Ă©cole, je suis professeur de religion depuis 2018. Mais avant cela, j’Ă©tais dĂ©jĂ promoteur de l’Ă©cole dont on parle maintenant, qui se situe sur mon propre terrain. Et donc, je suis au dĂ©part de ce projet parce que j’ai Ă©tĂ© interpellĂ© par des jeunes qui jouaient lĂ , quand je nâavais encore rien construit du tout. Puis je leur ai demandĂ© pourqoi ils jouaient lĂ Ă cette heure au lieu dâĂȘtre Ă l’Ă©cole. Ils mâont rĂ©pondu quâil nây avait pas d’Ă©cole ici, dans les environs. Je leur ai dit : « Et si je vous construisais l’Ă©cole ici ? » Ils ont alors bondi de joie. VoilĂ donc, ça a Ă©tĂ© le dĂ©part du projet.
Cela fait que mon rĂŽle est d’ĂȘtre le promoteur, l’initiateur du projet. Et maintenant, depuis 2013, l’Ă©cole a dĂ©jĂ fait son chemin. Je suis quelque part dans le « pouvoir organisateur ». Donc lĂ , sur place, il y a toute une direction qui s’occupe de la marche de l’Ă©cole. Mais les grandes dĂ©cisions sont prises ensemble, avec moi.
Marianna : Et quels sont les besoins, les plus urgents auxquels l’association doit rĂ©pondre aujourd’hui ?
M. Kialuta : Comme l’Ă©cole a dĂ©jĂ fait son chemin, la premiĂšre promotion a terminĂ© le cycle fondamental (Ă©cole primaire). Les parents ont fait pression pour que les enfants puissent poursuivre aussi les secondaires sur place pour Ă©viter qu’ils aillent trop loin, surtout que le contexte du pays est minĂ© par l’insĂ©curitĂ©. Les parents ont peur de laisser aller leurs enfants. Dans tous les cas, quand ils terminent lâĂ©cole fondamentale, ils ont entre 12 et 13 ans, ce sont encore des enfants. Donc maintenant, il faut construire pour Ă©riger une section secondaire.
Celle-ci est dĂ©jĂ organisĂ©e pour les deux premiĂšres promotions. Mais les locaux utilisĂ©s sont les mĂȘmes que ceux de l’Ă©cole primaire, et l’Ătat congolais n’admet pas ça. Donc, il faut que le secondaire soit autonome du point de vue infrastructure, et que les primaires aussi soient autonomes, un peu comme ici Ă Jean XXIII. L’Ătat nous a donnĂ© deux ans pour Ă©riger un bĂątiment pouvant abriter la section secondaire. Nous menons donc une campagne avec une Ă©quipe ici en Belgique – je me fais aider par un comitĂ© des 5-6 personnes – pour rĂ©colter des fonds. Pour tout dire, il faut totaliser 125 000 euros pour construire 6 classes, et 2 autres salles pouvant servir de bureaux.
La premiĂšre Ă©tape, qui a consistĂ© Ă poser la dalle, est dĂ©jĂ faite. Elle a coĂ»tĂ© 35 000 euros. Maintenant, je me bats pour la deuxiĂšme Ă©tape qui consiste Ă Ă©lever les murs, car il faut construire en hauteur. Pour cela, il faut trouver autour de 50 000 euros et je ne suis encore nulle part ! VoilĂ donc pourquoi toute action, tout aide est la bienvenue. Pour moi, tout compte : mĂȘme 10 euros, ça fait un sac de ciment. Et un sac de ciment, c’est une affaire de 32 briques solides.
Amal : Merci ! Alors, comment les Ă©lĂšves peuvent s’impliquer au-delĂ de cette marche ?
M. Kialuta : Eh bien, dĂ©jĂ , par exemple, cette interview est faite dans le cadre de la marche parrainĂ©e. VoilĂ . Ăa, c’est dĂ©jĂ une implication des Ă©lĂšves, en espĂ©rant que cette marche va pouvoir rapporter. L’annĂ©e passĂ©e, pour le Rwanda, on a quand mĂȘme rapportĂ© 4000 euros et quelques. J’espĂšre plus que ça cette annĂ©e, mais cela dĂ©pendra de l’implication des Ă©lĂšves qui doivent chercher des parrains, etc.
Si vraiment les Ă©lĂšves estiment que ce projet est noble, il doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© : vouloir, câest pouvoir. Ăa, câest une premiĂšre implication. La seconde, câest dâen parler autour de soi. On ne doit pas seulement se limiter Ă la marche, mais de bouche Ă oreilles, parler de ce projet. Il est possible de faire un don sur le compte belge de lâĂ©cole via la Fondation Roi Baudoin. Et Ă partir de 40âŹ, on peut bĂ©nĂ©ficier dâune dĂ©duction fiscale.
Et puis lâĂ©cole ne se limite pas seulement au parrainage. Les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, on a organisĂ© les opĂ©rations « bol de soupe » et « bol de riz », on va encore en organiser. Si les Ă©lĂšves participent massivement Ă ces actions, il y a lieu quâon puisse rĂ©colter 50% des frais, pourquoi pas ? Rien nâest impossible !
Mariana : Quel message aimeriez-vous transmettre aux participants et aux parents ?
M. Kialuta : Personne nâignore le rĂŽle de lâĂ©ducation. Et on a intĂ©rĂȘt que tout ce qui peuple lâhumanitĂ© soit Ă©levĂ©, Ă©duquĂ©. Ne serait-ce que par lâalphabĂ©tisation. Si En Belgique la scolaritĂ© est obligatoire, câest parce quâon se rend compte de la nĂ©cessitĂ© de lâĂ©ducation et de lâinstruction.
Alors, cette Ă©cole donne cette chance aux Ă©lĂšves lĂ -bas. En principe, c’est l’Etat congolais qui devrait s’en occuper, mais comme il prĂ©sente beaucoup des lacunes en cette matiĂšre-lĂ , des individus comme nous prenons donc la relĂšve, ne serait-ce que pour aider ceux qu’on peut. Qui sait si un jour, un enfant qui est passĂ© Ă cette Ă©cole-lĂ , comme moi je me retrouve en Belgique, pourrait aussi donner cours Ă l’Ă©cole primaire, Ă l’Ă©cole secondaire, au collĂšge. C’est pour cela qu’il faut vraiment soutenir Ă fond ce projet pour permettre Ă une bonne partie de la population des Kinshasa d’ĂȘtre scolarisĂ©e.
Et vous les jeunes, par des moyens modernes, il faut communiquer sur TikTok et les rĂ©seaux sociaux ! Moi, je ne sais pas comment mây prendre ! LĂ aussi vous pouvez m’aider Ă communiquer autour du projet, pour quâil se fasse connaitre.
Mariana : Merci beaucoup Monsieur Kialuta, c’est vraiment un beau projet que vous menez. J’admire beaucoup ce que vous faites !
Amal : Merci beaucoup pour votre prĂ©sence et dâavoir rĂ©pondu Ă nos questions.
M. Kialuta : Merci Ă vous de prendre ce projet Ă cĆur, c’est encourageant !
